Un de mes derniers voyages m’a conduit dans le désert mauritanien. Un vieux rêve cultivé par des récits de pêche au gros de mon père et mon oncle qui n’ont cessé d’arpenter les côtes mauritaniennes dans les années 80.
C’est dans le désert de l’Amatlich que j’ai pu réaliser ce rêve.

La Mauritanie, quelle révélation, quelle claque dans la figure, quelle magie, quelle remise en question !
En Mauritanie, royaume du « Yala » et du « lnchallah », vous pouvez oublier votre portable, montre, agenda et autres objets qui font partie de notre vie quotidienne.

Je me souviens de ce thé à la menthe le premier soir lorsque nous avions planté le campement. Je me souviens des premières dunes que nous avons du « escalader ». Je me rappelle des gourdes remplies d’eau que je remercie par la même occasion. Je n’oublierai jamais ces nuits passées au clair de lune. Et ce couscous au chameau partagé avec nos guides dans un profond silence.

« Tais-toi et marche » fut ma devise pendant une semaine de trekking dans le désert de l’Amatlich. Se taire car il n’y a rien à dire. Se taire car cela ne sert à rien de se plaindre de la chaleur. Se taire car nous sommes dans le royaume du no comment tellement les paysages sont époustouflants.

Un autre aspect qui restera à jamais gravé dans ma mémoire est la beauté des visages. Les mauritaniens ont des « gueules » taillées dans l’ébène, des regards terriblement perçants, des dents blanches comme des touches de piano et un charisme à couper le souffle.

Cette randonnée dans les dunes mauritaniennes fut une invitation à l’effort, à la réflexion et à l’émerveillement. Un voyage tellement dépaysant.

Le clou du spectacle, après 5 jours de marche, fut notre premier contact avec une vraie ville, celle de Chinguetti, cité historique et culturelle classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1996.

Chinguetti est un oasis situé sur les plateaux désertiques de l’Adrar au nord du pays. Cette ville perdue au coeur de cordons de sable fin fut aussi un important centre du commerce caravanier entre l’Afrique du Nord et l’Afrique Noire mais reste avant tout une grande métropole culturelle.

Vous l’aurez compris. J’ai succombé aux charmes de la Mauritanie. Lors de mon passage à Chinguetti, j’ai fait un vœu, celui de revenir un jour dans cette ville qui m’a remué les tripes d’émotion.

Si ce voyage fut aussi magnifique c’est aussi grâce à 3 personnes que je tiens à remercier. Ali, le prince du désert, Baba, le prince du couscous et ma princesse accompagnatrice, j’ai nommé Sosita.

Allez, mettez votre chèche sur la tête, prenez de bonnes lunettes de soleil, des chaussettes en laine, un bon écran total, des gourdes et vous marcherez pendant des heures en plein désert. Un désert d’émotions, de recueillement et de rencontres surprenantes.

Bienvenue sur les chemins du désert.